Le concert est concu autour du thème de l’enfance: l’amour des parents pour leurs enfants,le regard des enfants sur le monde des adultes, les souvenirs de jeunesse, l’aventure pleine de risques du grandissement, l’apprentissage et la transmission. Un vaste sujet, universel, porteur de beaucoup d’émotions.
Quelle place occupe l’enfant dans l’histoire de la musique? Quand on remonte dans le passé,la musique, qui reflète sans doute l’état d’esprit général, ne s’intéresse pas à l’enfant. Seul l’enfant Jésus est chanté dans la musique sacrée. L’époque baroque n’a laissé ni berceuse ni contine, ni d’air chantant l’amour maternel, la jeunesse ou les drames dont les enfants seraient les victimes. Pour que la musique profane s’intéresse à l’enfant, il faudra faire un grand saut dans le temps.
La première partie du concert comprend essentiellement des oeuvres d’inspiration religieuse qui vont du 18ème au 20ème siècle. De l’époque baroque, on entendra trois extraits du célèbre Magnificat de J-S. Bach (la promesse d’un enfant), et un air sublime d’A. Vivaldi sur le psaume 127 (La bénédiction de Dieu y est comparée au fait d’avoir de nombreux enfants). Ces deux airs seront séparés par un des regards sur l’enfant Jésus d’0. Messiaen, l’une des pièces pour piano seul les plus célèbres du répertoire contemporain. Les deux autres oeuvres à caractère religieux évoquent des passages des évangiles d’une tragique actualité. Le trio pour deux flûtes et harpe de Berlioz, extrait de l’oratorio l’Enfance du Christ, évoque un moment de répit dans la fuite een Egypte quand la sainte famille, fuyant les massacres, est accueillie par une famille ismaélite. L’air de Lia de C. Debussy, est extrait de l’Enfant Prodigue qui met en musique la parabole bien connue des évangiles. L’oeuvre valut à C. Debussy de gagner le premier grand prix de composition musicale du concours du Prix de Rome en 1884. La première partie du concert se termine avec une oeuvre profane, le concerto Jeune Homme de W. Mozart dont le titre est probablement le résultat d’une erreur : il s’agirait d’un concerto dédié à la pianiste Louise Victoire Jeunamy que la tradition a déformé en concerto Jeune Homme, mais l’oeuvre est magnifique et Mozart un grand enfant!
La deuxième partie du concert propose des oeuvres du 20ème siècle pour la jeunesse. Elle s’ouvre avec la grande fantaisie zoologique de C. Saint Saens, le Carnaval des Animaux. On entendra ensuite la belle berceuse de M. de Falla, Nana, entourée de quelques pièces de guitare. Puis la musique de M. Ravel évoquera le monde féérique de l’enfance avec des extraits de ‘Enfant et les Sortilèges. Ecrit en collaboration avec Colette, l’Enfant et les Sortilèges raconte avec humour les colères et les angoisses d’un enfant hanté par les objets qu’il a cassés. C’est une fantaisie lyrique proche des comédies musicales actuelles dont certaines ont connu, comme Peter Pan, un triomphe planétaire. Un regard bien différent sur la jeunesse est celui que porte le jeune compositeur G. Connesson. Comme il le dit lui-même, sa Techno-Parade, écrite en 2002, cherche à retrouver l’énergie brutale et la transe rythmique des musiques technos. Pour conclure le concert sur un tempo moins frénétique, nous rejoindrons le monde enchanté de Pierre et le Loup, le conte musical de S. Prokofiev qui a ravi des générations de petits et de grands.